Sporophile1Les sporophiles chanteurs


Les chanteurs de Cuba sont de petits exotiques particulièrement intéressants, et à mon avis, les amateurs ne leur accordent pas la place qu’ils méritent dans leurs élevages. Il est vrai que l’on se procure assez difficilement un couple de reproducteurs qui ne soient pas consanguins. De plus, ils ont une assez mauvaise réputation, on les dit querelleurs et mauvais reproducteurs. Si cette première affirmation est souvent justifiée, la seconde ne l'est en aucun cas, de nombreux résultats d’élevage le prouvent.

Présentation

Classification
Ordre : Passeriformes
Sous-ordre : Oscines
Super-famille : Fringilloildiae
Famille : Fringillidae
Genre : Tiaris.

Espèces et répartition géographique
On rencontre dans nos volières le Petit Chanteur de Cuba (Tiaris canora) ou Sincerini qui est le seul du genre à vivre exclusivement sur l’île, et le Grand Chanteur de Cuba (Tiaris olivacea o.) originaire du Mexique, de Cuba, de Costa Rica, de Panama, de Colombie et des grandes Antilles. Le Grand chanteur de Cuba est subdivisé en cinq sous-espèces, dont la plus courante en captivité est le Chanteur du Mexique (Tiaris olivacea pusilla), répandu au Mexique et en Colombie. Citons aussi, bien qu’il soit moins commun, le Chanteur bicolore (Tiaris bicolor), dont il existe 8 sous-espèces. Il nous vient des îles Bahamas, des Antilles néerlandaises, de la Colombie et du Venezuela.

Description
Sporophile5Petit Chanteur de Cuba :
Mâle : dessus vert jaunâtre, front, joues et gorge noirs, un trait jaune part au-dessus de l’œil et se poursuit en s’épaississant sur les côtés du coujusque sous le noir de la gorge. Le dessous du corps est grisâtre, plus clair sur le ventre. Les ailes sont brunes. Bec noir, pattes gris-brun, yeux bruns.
Femelle : elle possède la face et le cou bruns, son collier jaune est plus clair.
Taille : 9,5 cm.

Sporophile3Grand Chanteur de Cuba :
Mâle : dessus vert-olive, front, joues, côtés du cou et poitrine noirs, taches jaune-orange aux sourcils, aux lores et à la gorge. Le ventre est gris-olivâtre.
Femelle : couleurs plus ternes, plumes sous-caudales et milieu du ventre d'un blanc-jaunâtre.
Taille : 11 cm.
La sous-espèce « pusilla ›› possède un plumage plus foncé, avec beaucoup plus de noir sur le ventre et la poitrine.

Vie sauvage
Les petits chanteurs de Cuba se rencontrent par couples dans les steppes où ils s’alimentent avec des semences de graminées, des plantes sauvages, et des insectes. Les Grands Chanteurs de Cuba préfèrent se rapprocher des cultures, et se déplacent en grandes colonies dans les plantations de canne à sucre et de café.

Acclimatation et élevage
Il y a très longtemps, les Chanteurs de Cuba étaient importés en très grand nombre, mais leur exportation est maintenant prohibée. Les premières souches obtenues en captivité, apparaissent après 1938, en Australie. Mais les Chanteurs de Cuba restent très rares, car l’élevage en consanguinité diminue considérablement leur fécondité.

Installation
Les chanteurs de Cuba s’adaptent très facilement à notre climat et peuvent vivre toute l’année en volière extérieure. Mais il est préférable de leur offrir un abri modérément chauffé, dans les régions où les hivers sont rigoureux.
On peut loger un couple dans une cage d’appartement (1 m2) ou dans une volière de jardin, plantée d’arbustes.

Sporophile2Alimentation
Je conseille 1/2 part de mélange canari et 1/2 part de mélange exotique. En supplément, on distribuera des grappes de millet, des graminées sauvages, des graines germées, de la verdure (mouron, épinard, laitue, etc.). Mettre également à leur disposition une bonne pâtée insectivore, une pâtée aux œufs, des insectes, des vers de farine et des œufs de fourmis (ces derniers ne sont pas toujours acceptés).

Cohabitation
Comme je l’ai déjà dit, les Chanteurs de Cuba sont réputés pour leur caractère vif et p.eu sociable. On évitera de les placer avec d'autres espèces, même plus grandes, car à l’époque de la reproduction, le mâle devient très agressif et pourchasse sans arrêt tous ceux qui s’approchent du nid. Toutefois, la cohabitation est possible en très grande volière (5 m minimum), une surveillance sérieuse est tout de
même à conseiller.

Élevage
Petit Chanteur de Cuba :
Il s’est reproduit pour la première fois en Angleterre, vers 1900. Depuis, de nombreux résultats sont enregistrés dans ce pays, mais en Belgique également. En volière plantée, le mâle construit son nid circulaire dans un buisson.
Ce nid est construit à l’aide de brins d’herbe, de laine végétale, de plumes et possède une longue entrée tubulaire. Il peut également le construire dans un nichoir, un nid de canari ou un vieux nid quelconque. Parfois il construit plusieurs nids. Trois à quatre œufs blancs ou blanc-bleuté et tachés
de brun seront pondus par la femelle, qui les couvera pendant 12 jours environ (selon la température, l’incubation peut varier de 11 à 14 jours). Au moment de l’élevage des jeunes, les parents recevront une nourriture animale abondante (asticots, pucerons, etc.). On peut donner aussi du pain trempé dans du lait. Les jeunes quittent le nid après deux semaines, et seront sevrés à l’âge d’un mois.
Les Petits Chanteurs de Cuba ont été également élevés en cage de chambre, en semi-liberté et même
en liberté totale.

Sporophile4Grand Chanteur de Cuba :
Il se reproduit tout aussi facilement que la petite espèce, et les soins sont les mêmes. La sous-espèce « pusilla » s’est reproduite peu de temps après son importation, avec une moyenne de trois couvées par an, de trois jeunes chacune. On peut placer un mâle pour deux femelles, toujours en évitant des accouplements consanguins.

Hybrides
On a obtenu des croisements entre les différentes espèces de Chanteurs de Cuba et un hybride du Grand Chanteur de Cuba avec le Bec d »Argent (Lonchura malabarica cantans).

CONCLUSION
Le Chanteur de Cuba est un oiseau très attachant et il est triste de penser qu’il disparaîtra peut-être de nos volières, dans les années à venir. C’est à vous, éleveurs, de réagir pour le sauver, en lui consacrant un peu de votre temps, et, croyez-moi, vous en serez bien récompensés.


Michel BigasUOF

Article paru dans la revue de l'Union Ornithologique de France "Oiseaux du monde" n° 332
http://uof.asso.fr

 

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